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La résurgence du Carême dans un monde laïque : pourquoi ça attire de plus en plus de personnes ?

Il y a quelque chose d’étonnant dans l’air du temps. Dans une époque où l’on se dit volontiers « sans religion », où les églises se vident et où les traditions paraissent désuètes, un mot refait surface discrètement, comme une vieille chanson que l’on croyait oubliée : le Carême.
Ce mot, qui évoque pour certains les souvenirs d’enfance, la messe du dimanche ou le poisson du vendredi, retrouve peu à peu une place dans le vocabulaire collectif. Et pas seulement chez les croyants.
Depuis quelques années, le Carême connaît une véritable résurgence, une sorte de renaissance inattendue. On en parle sur les réseaux sociaux, on le pratique parfois entre amis, on s’y essaie comme à un défi personnel.
Mais comment expliquer qu’un rituel vieux de plus de quinze siècles attire de nouveau des femmes et des hommes plongés dans un monde laïque, hyperconnecté et souvent sceptique ?
Ce n’est sans doute pas un hasard. Le Carême touche aujourd’hui une corde sensible, une recherche de sens, de simplicité et de vérité que beaucoup ressentent confusément sans toujours savoir la nommer.
1. Le besoin de ralentir dans un monde saturé
Notre quotidien moderne est devenu une course permanente. On travaille, on consomme, on s’informe, on scroll sans fin. Tout va vite, trop vite. Les notifications rythment nos journées, les urgences s’enchaînent, les moments de silence se font rares.
Et au cœur de ce vacarme numérique, le Carême apparaît presque comme une provocation : 40 jours pour faire une pause. 40 jours pour respirer autrement. C’est un peu comme si, face à la saturation du « tout, tout de suite », le Carême nous proposait une parenthèse volontaire.
Ce n’est plus seulement une démarche religieuse, mais un geste profondément humain. Réduire, simplifier, se déconnecter, jeûner un peu, se recentrer : ces mots résonnent aujourd’hui comme une promesse de paix intérieure. Beaucoup de personnes ne le vivent plus dans une perspective spirituelle stricte, mais plutôt comme une sorte de détox de l’âme.
Un moyen de dire : « stop, je reprends le contrôle de ma vie ».
Le jeûne n’est plus seulement alimentaire. Il devient digital, relationnel, émotionnel. Certains décident de limiter les écrans, d’autres d’arrêter l’alcool ou les achats compulsifs. Et dans ce choix de se priver volontairement, il y a une forme de liberté retrouvée, une manière de se libérer de ce qui nous possède.
2. Une quête de sens dans une société désenchantée
Le monde laïque n’a pas effacé le besoin de sens, il l’a simplement déplacé.
Beaucoup d’entre nous cherchent encore à comprendre pourquoi ils se lèvent le matin, pourquoi ils travaillent, pourquoi ils courent après tout cela.
Et le Carême, dans sa simplicité, vient rappeler que le sens ne se trouve pas toujours dans l’accumulation, mais parfois dans le retrait.
Prendre quarante jours pour réfléchir, pour relire son parcours, pour faire le point sur ce que l’on veut vraiment, c’est presque un luxe aujourd’hui.
Un luxe que certains s’autorisent à redécouvrir.
Le Carême devient alors une sorte de laboratoire de vie intérieure.
On y teste une autre manière d’exister, plus alignée, plus sincère. Certains parlent de spiritualité laïque, d’autres de recentrage personnel. Peu importe le vocabulaire.
Ce qui compte, c’est ce mouvement vers l’essentiel.
Dans un monde saturé d’images, de chiffres et d’opinions, revenir à l’intérieur de soi est un acte profondément moderne.
Peut-être même un acte de résistance.
3. Le retour du sacré, autrement
Ceux qui observent la société contemporaine le remarquent : le besoin de sacré n’a pas disparu, il a simplement changé de visage. On médite, on fait du yoga, on parle d’énergie, de pleine conscience. Mais au fond, tout cela répond à la même soif : celle de reconnecter le corps, l’esprit et l’âme.
Le Carême, lui, propose une voie simple, humble, accessible à tous. Il ne demande pas de grandes connaissances ni de croyances rigides.
Il commence là où vous êtes, avec ce que vous avez.
Beaucoup redécouvrent ainsi une dimension du sacré dans des gestes simples : manger moins, prier un peu, écrire, marcher, respirer. Et c’est peut-être cela, le miracle discret du Carême contemporain : il rend à nouveau possible une spiritualité du quotidien, sans grand discours ni dogme.
Le monde laïque n’a pas effacé Dieu. Il a simplement laissé un vide que chacun essaie de remplir à sa manière. Le Carême, en invitant au silence et à l’intériorité, offre un espace où ce vide devient fécond. Un espace où l’on ne cherche pas forcément à croire, mais à se relier.
4. La dimension communautaire : une expérience partagée
Autre phénomène étonnant : le Carême est redevenu un moment social.
On le vit seul, certes, mais aussi en groupe, sur les réseaux, dans des cercles d’amis, parfois même en entreprise.
Des initiatives fleurissent : « Défis de Carême », « 40 jours sans sucre », « 40 jours de gratitude », « 40 jours pour la planète ». Ces versions contemporaines du Carême séduisent parce qu’elles rassemblent.
Elles offrent une expérience commune, une motivation collective, un sentiment d’appartenance à quelque chose de plus grand que soi.
Ce n’est plus le Carême de nos grands-parents, vécu dans la rigueur et la culpabilité. C’est un Carême de la conscience, de la responsabilité, du partage.
Une manière d’unir efforts et espérance, de se soutenir mutuellement dans un monde où l’individualisme fatigue les cœurs.
Le Carême devient ainsi un espace d’humanité. On découvre que se priver un peu peut nous rendre plus attentifs aux autres, plus solidaires, plus vivants.
5. Un défi moderne : être au monde sans s’y perdre
Si le Carême attire de nouveau, c’est aussi parce qu’il répond à un paradoxe bien contemporain : comment rester soi-même dans un monde qui nous disperse ?
Comment garder une cohérence entre ce que l’on croit, ce que l’on dit et ce que l’on fait ?
Le Carême, vécu dans sa dimension spirituelle ou laïque, invite à une forme de cohérence intérieure. Il nous pousse à être plus conscients de nos choix, plus présents à ce que nous vivons. Il rappelle que la liberté n’est pas de tout faire, mais de choisir ce qui compte vraiment.
Dans un monde qui valorise la performance et le paraître, s’arrêter 40 jours pour réfléchir à ce qu’on veut nourrir en soi devient un acte presque révolutionnaire. Et ce n’est pas un hasard si cette démarche touche de plus en plus de jeunes adultes, de professionnels, de parents fatigués par le « toujours plus ». Tous cherchent une forme de respiration, une cohérence, une lumière.
Le Carême devient ainsi un espace d’authenticité. Un temps pour réaligner le cœur et la vie, pour retrouver la paix, ou du moins un cap.
En conclusion : un vieux mot pour une quête très moderne
La résurgence du Carême dans nos sociétés laïques n’a rien d’un hasard ni d’une mode passagère. Elle dit quelque chose de profond sur notre époque.
Elle révèle un besoin collectif de lenteur, de vérité, de silence, de reliance.
Les formes changent, les croyances aussi, mais le fond reste le même :
l’être humain a besoin de se retirer de temps en temps du tumulte du monde pour se retrouver.
Le Carême, qu’il soit vécu dans la foi, dans la simplicité ou dans la curiosité, devient un pont entre les traditions du passé et les besoins du présent. Un espace où chacun peut déposer le superflu, pour redécouvrir ce qui compte vraiment.
Et peut-être qu’au fond, c’est cela qui attire aujourd’hui : le sentiment que, malgré les doutes et les différences, nous partageons tous la même faim.
Pas seulement celle du corps, mais celle de l’âme.
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